Search

Stop À la Culture du Viol

Dans un monde où la femme est présentée à la fois comme un être asexué qui devrait donc avoir honte du sexe et aussi comme un objet sexuel, on comprend où découlent les pratiques coutumières comme le mariage forcé ou l’excision. Et on se retrouve parfois à entendre des phrases du genre, « non mais elle a mis ce genre de haut/jupe pour aguicher » ou encore, « elle l’a bien cherché celle-la » pour une sombre histoire de viol…. ( je passe sur le harcèlement de rue que certains trouvent flatteur). Le viol est devenu complètement banalisé.  On assiste à une culture du viol. Savez vous qu’on compte 16 cas de viol en moyenne par jour en 2012 juste pour l’État de Rio au Brésil? On constate une hausse de 157% du nombre viols en 3 ans (2009 – 2012) seulement au Brésil.

On ne compte pas les nombreuses affaires de viol des jeunes filles en Inde, même en plein endroit public, comme dans le bus par exemple.

 

La culture du viol, c’est jusqu’où s’étend la liberté sexuelle des hommes. Les pulsions et le trop plein de testostérone dont les hommes doivent obligatoirement satisfaire comme on l’entend souvent, sont des justificatifs de cette liberté. Quelque chose qui serait dans leur nature, leur état d’être. (Les femmes étant des êtres qui se contrôlent, limite qui n’ont pas de désir). On en arrive alors a de plus bas instincts comme la pédophilie par exemple. Avoir une attirance pour le corps d’une jeune fille ou d’un jeune garçon.  Qu’est ce qui nous différencie donc des animaux dans ces cas là?

 

Le sexe a toujours été utilisé à des fins stratégiques, à grande ou à petite échelle. Mais le viol qui est une des dérives, est un acte dégradant de soumission. C’est également un acte utilisé comme arme de guerre, un acte de terreur, de destruction aussi bien de la femme que du tissu social. L’impact de cette violence persiste après guerre sur les plans physique, psychologique et reste ancré dans le conscient collectif et social.

 

Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse: le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. – Dr Denis Mukwenge. – L’Homme qui répare les femmes –

 

La domination masculine ou le rapport pénétrant-pénétrée a toujours existé dans l’histoire, si l’on en croit les images de l’homme de Cro-Magnon qui frapperait sa compagne avec un gourdin, la trainant par les cheveux avant chaque rapport. On ne manquerait pas de se rappeler de l’époque des rois et la brutalité avec laquelle les rapports sexuels étaient menés. Et même encore aujourd’hui, l’essence même des vidéos pour adultes.

Il faut dire que la sexualité et les vices autour de cela sont totalement tabous, surtout en Afrique. On en parle pas, c’est tout. D’ailleurs combien peuvent dire avoir déjà eu une conversation avec leurs parents sur les changements d’état à l’âge de la puberté?

 

Toujours est il que je n’en crois pas mes yeux lorsque je tombe sur l’histoire de la jeune adolescente brésilienne qui a été violée par une trentaine d’hommes. Oui, 30 hommes. (En passant, on ne dit pas :  »se faire violer » car on ne s’inflige pas un viol). Je me demande honnêtement quel plaisir un être doté de toutes ses facultés mentales a, en abusant d’une personne inerte, presque sans vie ?  Oui, j’essaie de m’imaginer la scène, moi étant un homme, attendant mon tour comme dans un bureau administratif, pour tirer mon coup et m’en délecter entre copains en disant que c’est elle la « salope ».

 

sub-buzz-18163-1464318022-1

 

 

Cela me fait penser à une discussion que j’ai eu avec un homme de plus de 40 ans à qui je demandais s’il savait que les rapports forcés sont fréquents au sein de couples mariés?

Parce que oui, les rapports forcés dans un couple, ça existe. D’ailleurs certaines femmes ne le savent pas. Une jeune femme demandait une fois s’il fallait toujours être disponible pour son mari? Ce à quoi certaines ont répondu: « Oui, sinon il ira voir ailleurs » ou encore « Oui, c’est une obligation conjugale« , « On ne se refuse pas à son mari sinon à quoi ça sert d’être mariée ? »

À quoi faut-il s’attendre lorsqu’on enseigne que l’homme jouit d’une totale liberté sexuelle ?

Pour en revenir à ma discussion, le monsieur m’a répondu qu’il n’en était pas du tout conscient autrefois, avant d’en parler à une amie. Il m’a dit que ça lui était arrivé de  »lutter » un petit peu et que à la fin, sa partenaire lui avouait qu’elle n’avait pas trop apprécié comment cela s’était déroulé. Ce à quoi je lui répondis: As-tu vu le mot que tu as employé ? « Lutter« .

Combien de fois femmes, sommes nous retrouvées dans cette position que nous avons laissé passer par amour, par surprise de l’acte, par peur, peur d’être traitée de sainte nitouche, ou tout simplement parce qu’on ne sait pas que cela ne fait pas? Attention, il y’a une grande différence entre un rapport forcé et un rapport passionné qui pimente l’instant. Non, une femme ne dit pas non alors qu’on sait très bien qu’elle le veut.

 

Alors, il faut en parler !

 

Cela n’est pas facile du tout pour les victimes en état de choc qui s’en doute, garderont ce traumatisme à vie. Et qui doivent encore faire face à une batterie de questions pour prouver que le viol a bien été commis et surtout si elles n’ont pas provoqué l’acte. Cela me désole lorsque je vois des femmes prendre la défense d’un agresseur et blâmer la victime.

Comme aussi je ne comprends pas qu’une maman puisse ne pas croire en les plaintes de sa fille victime de viol. Non pas que le lien père-fille soit fragile, mais il y’a ce lien là, entre une mère et son enfant qui est indubitable depuis la conception, l’évolution du foetus et la délivrance qui m’empêche de comprendre. De surcroit lorsque c’est une fille.

Savez vous que 80% des viols sont commis par une personne proche de la victime? En général un membre de la famille? Les viols au sein de la famille sont tabous. On ne les dénonce presque jamais.  Mais nous devons en parler, nous femmes. Ce ne sont pas les hommes qui le feront à notre place quand on peut écouter un rappeur chanter : ‘‘Put Molly all in her champagne, she ain’t even know it « .  À quel moment c’est sympa/cool/swag ça?

C’est à nous femmes d’apprendre à nos filles, jeunes soeurs, amies… les limites et les travers en matière de sexualité. Refuser ce qui ne nous plait pas. Plus on en parle, plus on s’élève d’une seule et même voix afin de faire bouger les choses. Stop à la culture du viol.

Je salue au passage, l’initiative de jeunes femmes camerounaises qui ont crée une cellule de témoignages #BreakTheSilence sur le viol. En espérant que cela mène à une prise de conscience.

 

Non veut dire NON !

 

Mais aussi femmes, c’est à nous d’éduquer nos jeunes garçons. Cela se fait très tôt. Apprenons leurs qu’un  »Non » veut dire NON. Combien de fois se plaint-on des comportements des hommes et de la manière dont ils nous traitent? Mais combien de mamans enseignent à leurs garçons les bonnes manières? Je suis tombée sur une phrase un jour:

 

 I think the main problem is that parents are so quick to police what their daughters are doing meanwhile their sons are running among and spreading seeds all over communities worldwide! It’s a shame that when I meet men and ask them if they have any kids, some of them say “Oh I have 2 that I know of hahaha,” or “Not that i know of.” It’s time that we gave just as much a damn about men’s sexuality as we do women. 

Le problème majeur est que les parents vont davantage contrôler ce que font leurs filles alors que les garçons couchent de gauche à droite et partagent leur semence ! C’est une honte lorsque je rencontre un homme et que je lui demande s’il a des enfants et qu’il me répond:  »Ah, j’en ai deux que je connais hahaha » ou  »Pas que je sache ». Il est temps qu’on accorde autant d’importance à la sexualité masculine qu’à la sexualité féminine. – Traduction –

 

On a vite fait de frustrer la sexualité de la fille, la conditionner, la huer et même l’éteindre par la mutilation des parties génitales.

 

Mettons autant d’ardeur à faire l’éducation sexuelle de nos filles que pour celle de nos garçons.  Je rajouterai ceci, l’éducation scolaire est primordiale, plus particulièrement celle des filles.

Je vous laisse avec une petite vidéo explicative et très ludique sur ce que veut dire le consentement. #ConsentIsSimple

 

 

 

 

Leighton Olivia

 




Laisser un commentaire