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Bienvenue à Marly-Gomont: Pourquoi je n’ai pas aimé

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Le Week-end dernier, je suis allée voir le film Bienvenue à Marly-Gomont. Un biopic qui retrace la venue du rappeur Kamini en France. Les plus de 20 ans se rappellent du rappeur qui a fait le buzz sur internet avec sa chanson Marly-Gomont « Je ne viens pas de la cité mais le beat est bon…« . Le propulsant ainsi il y’a dix ans, parmi les premiers créateurs de buzz sur le net.

Je n’étais pas particulièrement motivée pour le voir ce film, au vue déjà de la bande annonce qui fait un étalage de clichés et autres… censés faire rire. Et j’avais raison. Mais j’y suis quand même allée.

 

Le film se veut humoristique. On plonge dans l’enfance de Kamini et sa soeur vivant au Congo Zaïre sous le règne de Mobuto. Son papa, joué par Julien Rambaldi, est un médecin qui a obtenu son diplôme en France et ne souhaite pas rentrer dans son pays pour exercer sa profession dans un système corrompu. Il fait ainsi venir sa femme, jouée par la très belle Aïssa Maïga et ses enfants qui croient tous trois venir vivre à Paris mais se retrouvent dans un petit village qui n’a jamais vu de Noirs. Ambiance !

S’en suivent alors toutes sortes de clichés qui ne m’ont absolument pas fait sourire. D’abord parce qu’étant blasée par ces mêmes clichés répétitifs, mais aussi par la même sauce à laquelle ils sont toujours servis, c’est à dire sur un ton de légèreté; on pense au film: Qu’est qu’on a fait au bon Dieu. 

 

Le Noir fait peur 

« Ils n’ont jamais vu de Noir  » s’écriaient-ils dans le film. Le Noir fait peur, alors c’est au Noir de prouver qu’il est  »normal »,  »humain »,  »compétent » …. alors le père de Kamini fait tout pour s’intégrer et s’assimiler au habitants de Marly-Gomont au point où il interdit à sa famille de parler le lingala, même dans la maison. On aperçoit sa mine abattue quand il voit débarquer des amis congolais de Bruxelles. Une arrivée toujours en masse, avec grands bruits, dans des voitures cliquantes, manteau de fourrure et musique tonitruante. Mais ses efforts restent vains puisque le papa est obligé de se trouver rapidement un boulot de fermier afin de pouvoir payer les factures. Son cabinet de médecin restant vide au profit du médecin Blanc que les habitants du village préfèrent consulter à 15km.

 

Le racisme ordinaire

Ce qui m’a profondément marquée au delà des clichés que nous avons tous vis à vis de l’étranger, c’est la banalisation du racisme. Un racisme ordinaire que l’on rencontre très souvent dans les films français comparés à la trame des films américains qui eux, dénoncent le racisme. Je veux dire, en me basant déjà sur les films Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu et maintenant Bienvenue à Marly-Gomont, nous avons une approche tellement légère du rejet de l’autre, de la peur du Noir, de la certitude de son incompétence du fait de sa couleur de peau etc… au point où cela est en fait la norme ! Et l’exception serait l’acceptation qui viendrait ici des efforts d’assimilation convaincants de l’étranger. Assimilation ou Intégration ?

Un rejet et une peur de l’autre tellement ancrés dans l’inconscient collectif que, même les enfants ont eux aussi des propos racistes envers les jeunes Kamini et sa soeur. Une scène peut-être un peu exagérée dans le scénario? Toujours est -il que c’est affligeant.

Le problème aussi dans le film, c’est que en aucun instant comme le dit si bien Naya La Ringarde, personne ne s’est offusqué d’un quelconque racisme. Je veux dire, aucun personnage, que ce soit les personnages principaux qui subissent le racisme ni certains Marlysiens ne se sont révoltés face à une situation d’injustice. Le film laisse à croire que tout ceci est normal. Et même le personnage du père dit qu’il est  »normal » de faire beaucoup d’efforts pour être  »accepté ».  N’est ce pas du racisme ordinaire ?

Nul doute que beaucoup de personnes arrivées en France à une certaine époque se reconnaitront dans la jeunesse de Kamini. Elle est teintée de beaucoup de vérités, mais aussi d’une réalité qui a malheureusement traversé le temps.

 

 

Leighton Olivia

 




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